Dirck Jacobsz 1497-1567 Amsterdam
Portrait de femme
Portrait of a woman vers 1530
Besançon Musée des Beaux Arts
Portrait longtemps attribué à Jan van Scorel.
Portrait long attributed to Jan van Scorel.

L’ART ET LES CROYANCES : L’EUROPE CATHOLIQUE ET ORTHODOXE (1).

La peinture, peut être plus que d’autres arts, est le fidèle reflet des idéologies (les croyances religieuses ou profanes) qui gouvernent une société à un moment donné. Elle est un témoin des idées et représentations du monde qui régissent une civilisation. L’histoire de la peinture ne se résume pas aux questions de techniques, aux biographies des peintres et à l’étude des influences stylistiques. Comme l’histoire événementielle, l’histoire de l’art est dominée par des considérations idéologiques et politiques et est très dépendante des croyances dominantes et du politiquement correct à l’époque ou l’historien écrit.
Inutile d’insister ici sur cette évidence qui ressort de la fréquentation des Musées des Beaux Arts Européens : Pendant bien plus d’un millénaire l’art et la peinture de l’Europe ont été l’expression artistique d’une idéologie religieuse, celle du catholicisme, à l’ouest, et celle de l’orthodoxie à l’est. On oublie un peu trop à l’ouest, cette civilisation orthodoxe, différente bien que très proche.
Donc, nos croyances successives inspirent notre art européen, et particulièrement celui de la peinture.

En Europe, il faut partir des débuts de notre civilisation, encore actuelle en Europe, malgré les efforts déployés par les idéologues les politiciens et les financiers du mondialisme pour la détruire : Vers l’an 1000, aux temps dits obscurs, moyenâgeux, de la religion catholique et orthodoxe. C’est alors la naissance de l’Europe, après la longue période sombre qui a suivi l’effondrement de l’Antiquité gréco-romaine. Une période de plus de 500 ans où se mêlent les reculs et les pénibles gestations.
Selon une certaine historiographie à destination du grand public les années 1000 et suivantes qui voient la vraie renaissance de l’Europe, était une époque de temps affreux : Les serfs battaient l’eau des douves des châteaux pour faire taire les grenouilles qui dérangeaient le sommeil des Seigneurs. Et les serfs bien sûr livraient leurs filles aux appétits sexuels des Seigneurs. La République Française a constamment enseigné cette histoire falsifiée, depuis l’école primaire jusqu’au Baccalauréat. Avec à peine un peu plus d’objectivité plus en avant dans les études.
Dans les années 1960-70, l’historien Fernand Braudel (1902-1985,) qui pensait pouvoir raconter une "histoire à l’endroit", et qui en avait la compétence, a été interdit d’écriture de l’histoire au niveau de l’Instruction Publique: celle destinée aux petits français. Il a dû se contenter d’écrire des ouvrages pour des esprits mieux informés, mais moins nombreux. Il n’était pas idéologiquement concevable que Fernand Braudel puisse former l’esprit des petits français dans des manuels d’enseignement primaire ou secondaire. C’était pourtant le plus grand historien français de la première moitié du 20è siècle.
Il existe pourtant à l’évidence un gros problème dans cette vision du passé médiéval de la civilisation européenne telle que l’école républicaine, inspirée par les "Lumières", nous l’a imposée : C’est que dans le domaine des arts ce fut un temps magnifique de créativité libre et sincère émanant de toute la société européenne. Pas seulement de ses élites politiques ou idéologiques. Les artistes de ces temps là étaient des artisans, des hommes de métiers, des hommes du peuple, des hommes peu lettrés.
Depuis la révolution française, en France et dans toute l’Europe, deux histoires absolument contradictoires ont ainsi existé, en parallèle :
– Une histoire politique et économique qui présente toute la période antérieure à la révolution comme des temps obscurs de calamités et de dictatures royales, princières et ecclésiastiques sur les peuples.
– Une histoire de l’art qui rapporte et décrit de manière globalement objective les manifestations artistiques remarquables de toute cette même période. Sans que personne ne s’étonne, publiquement tout au moins, de l’incohérence d’une telle dichotomie entre deux historiographies aussi divergentes à propos de la même société. Tout cet art merveilleux, heureux et sincère, aurait été pendant plus de mille ans la création de peuples européens opprimés par les Rois, les Seigneurs et l’Eglise !
En architecture, en sculpture, en peinture, d’abord sur fresques et sur livres, sur vitraux au nord des Alpes, et très tardivement sur bois: la peinture de chevalet n’apparaît pas avant le 14è siècle. Dans le seul domaine de la peinture, jusqu’après la seconde guerre mondiale, malgré les évolutions et les ruptures idéologiques, cela fait environ mille années de beauté !
Comment peut-t-il se faire que des temps si obscurs, si néfastes à la raison, à la liberté, à la justice à la solidarité, au progrès, aient produit des arts aussi merveilleux pendant un millénaire ?
Des arts toujours ressentis comme magnifiques à notre époque, alors que les Européens actuels, dans leur grande majorité, ne croient plus vraiment dans les doctrines qui les ont inspiré.
Aussi magnifique à nos yeux que les Arts d’Egypte, dont les croyances sont absolument mortes dans l’esprit des hommes.
Alors que nos temps contemporains, si "Lumineux", si magnifiquement progressistes, si scientifiques, si techniques, si démocratiques, si socialistes et si solidaires dans le capitalisme le plus productif, offrent le spectacle d’ un art contemporain officiel aussi laid, aussi absurde et aussi anti-démocratique ?
C’est une question que l’on peut poser, en s’interrogeant sur nos croyances actuelles, et sur leurs capacités à favoriser la création d’une vie artistique mémorable à l’échelle des siècles.
La deuxième moitié du 20 siècle en Occident peut se vanter d’avoir inventer l’art laid, l’art absurde, l’art contre les peuples. Mais combien de temps cette imposture pourra-t-elle durer et que signifie-t-elle quand à l’état de notre société ?
Il est certain que l’Europe pendant au moins mille années (500 -1500) est un temps d’unité idéologique autour de la foi chrétienne telle qu’interprétée par le catholicisme à l’ouest et l’orthodoxie à l’est. Cette vision du monde n’a pas de réel concurrent, et elle met en forme progressivement toute la civilisation européenne. Dès l’époque romane la peinture européenne, qui commence par la fresque et la mosaïque, se poursuit par les enluminures (les livres de piété…), puis les vitraux et enfin plus tardivement les tableaux de chevalet, présente, pendant environ 1000 ans (500-1500 en dates grosses) des caractéristiques communes évidentes.
C’est un art dont la signification est univoque, idéologiquement commandée par la doctrine de l’Église catholique à l’ouest, de l’église orthodoxe à l’est dans l’Europe slave. Ses thèmes sont exclusivement inspirés par la religion du Christ. Pendant mille ans les styles évoluent, mais pas le contenu de la peinture européenne, toujours commandé par la même vision du monde. Et la sincérité ainsi que la créativité de cet art persistent de bout en bout.
Cet art univoque était-il l’expression d’une idéologie totalitaire imposée aux peuples contre leur volonté ? Cette société d’idéologie unique était-elle totalitaire ? Intellectuellement et spirituellement totalitaire et matériellement misérable de surcroit ?
Il est certain que dès qu’il a été reconnu par les pouvoirs romains au 4è siècle, le christianisme catholique, comme celui orthodoxe, a tout fait pour éliminer les religions concurrentes. A commencer bien sûr par le Paganisme, mais aussi le Mithraïsme. Dans la suite des premiers siècles de notre ère le catholicisme s’imposera contre toute une série d’orientations doctrinales voisines, qualifiées par lui d’hérétiques, comme l’arianisme. Pour finir par imposer sa loi, qui ne sera plus efficacement contestée qu’avec la Réforme.
Mais il apparaît aussi qu’à partir de l’an 1000, à l’ouest de l’Europe, sauf quelques résistances ultérieures dans le sud de la France, l’idéologie religieuse catholique a été totalement adoptée, intériorisée, par la majorité des hommes, de la base au sommet de la société. Et cette idéologie unique a été la source spirituelle d’une civilisation qui a duré alors plus de 500 ans, sous son exclusive influence.Une idéologie unique mais aussi unifiante, créative non seulement d’un art remarquable mais aussi d’ un développement économique et politique notable. La renaissance de l’Europe ne date pas des "Temps Modernes" ou de "la Renaissance" à la fin du 15è siècle et au début du 16è siècle. La vraie renaissance, économique, politique, culturelle de l’Europe de l’ouest débute un peu avant l’an 1000 et se prolonge jusqu’à la deuxième partie du 14è siècle alors que l’Église est idéologiquement régnante, sans partage, sur toute l’Europe de l’Ouest.
Fernand Braudel a rappelé dans tous ses ouvrages que le développement politique économique et artistique de l’ Europe catholique ne doit rien aux "Arabes". L’Europe de l’ouest n’a pas non plus attendu le Protestantisme pour développer en politique les première formes de républiques citadines et en économie un premier capitalisme artisanal, commercial et bancaire efficace, source de richesses et de bien être. En témoignent, Pise, Florence, Venise, Gênes, Milan, Gent, Bruges, Ypres, Anvers, Cologne, Lübeck, Augsbourg, Barcelone….
Ce développement économique et politique parfaitement autonome est un témoignage de santé de la civilisation européenne des 11è,12è, 13è siècles et encore de la première moitié du 14è siècle. Jusqu’à la Grande Peste.
Et il en est de même de tout l’art européen de cette période, par sa beauté et les symboles significatifs et partagés par toute une population qu’il exprime et répand. Cet art est une preuve expérimentale du consensus global, partagé du haut en bas de l’échelle sociale, qui est au fondement de cette société. Un consensus fondateur de libertés vécues comme telles, des libertés qui ont rendu possible des témoignages esthétiques durables, capables même de survivre à l’obsolescence de l’idéologie qui a organisé cette société.
On peut penser de même à propos de la situation d’autres civilisations du passé : Les sociétés Égyptienne, Grecque ou Romaine, quand on considère leurs extraordinaires réalisations artistiques.
Pour l’Egypte c’est très récemment qu’il a été finalement admis que les Pyramides et autres tombeaux royaux ou temples n’avaient pas été construits par de misérables esclaves affamés et violentés.
Il faut donc conclure que cette idéologie religieuse du christianisme catholique, en Europe de l’Ouest, n’a pas été vécue dans la terreur ni même comme une contrainte, sauf par quelques populations vivant en marge. Les artistes se sentaient à l’évidence libres de créer un art beau dans cette société qualifiée par les historiens postérieurs de "Moyen Age". Non cet age n’a rien de moyen. Artistiquement, c’est une évidence. Et pas seulement en peinture. S’ils n’avaient pas vécu avec le sentiment d’être libres les artistes du "Moyen Age" n’auraient pas été aussi créatifs d’un art sincère qui était voulu par les élites comme une communication, un partage avec les populations et qui a manifestement réussi à rassembler autour de l’idéologie religieuse qui l’inspirait toute une civilisation, élites et peuples ensemble, pendant plus de Cinq cent ans.
Tout l’art construit, peint et sculpté, les vitraux des églises romanes et gothiques, tout cela est financé non seulement par les aristocraties laïques et religieuses, mais aussi par les corporations de métiers. Ce n’était pas un art séparé, incompréhensible aux masses populaires et absolument réservé aux élites. C’était un art pleinement partagé, totalement inter-social : il s’adressait à toutes les couches de la population. Les élites, idéologiques et politiques, religieuses et aristocratiques de l’Europe catholique se sont entendues pour promouvoir un art qui s’adresse à toutes les classes sociales. Pendant toute la période gothique et romane tout l’art des églises, partout en Europe, du moindre village aux plus grandes villes, pendant un millénaire, part du haut de l’échelle sociale et s’adresse aux peuples, y compris et même surtout aux illettrés.
A la Renaissance seulement est apparu un art plus spécifiquement destiné aux élites cultivées et dont les thèmes étaient l’Antiquité. Mais sans conflit avec l’art religieux qui a conservé une très grande importance et sa fonction de partage du Beau et du Sens en direction aussi bien des peuples que de élites.
Toute l’histoire européenne et même universelle témoigne qu’il existe de subtiles correspondances entre les sociétés et leur art. Un art beau et significatif, qui fait le ravissement des hommes de son époque et de tous les temps, qui procure la joie d’être et de vivre, témoigne d’une société acceptable et acceptée à son époque. Les contre exemples historiques existent mais ils sont ponctuels et sont peu durables, notamment dans certaines régions d’Asie centrale et en Inde, sous la conduite de tyrans étrangers, envahisseurs et dominants qui ont effectivement déportés des populations entières pour se faire construire des monuments à leur gloire. Mais ce n’est pas le cas pour les 4 siècles successifs de l’Europe médiévale. D’ailleurs les sociétés totalitaires que l’Europe et le Monde ont connu récemment, comme celles communistes et nationales-socialistes, ont été un échec absolu de l’art et particulièrement de la peinture.

ART AND BELIEFS: CATHOLIC AND ORTHODOX EUROPE (1).

Painting, perhaps more than other arts, is a faithful reflection of the ideologies (religious or secular beliefs) that govern a society at a given moment. She is the witness of the ideas and representations of the world that govern a civilization. The history of painting is not limited to questions of techniques, biographies of painters and the study of stylistic influences. Like events history, the history of art is dominated by ideological and political considerations and is highly dependent on dominant beliefs and politically correct at the time the historian writes.
It is useless to insist here on this evidence which comes out of the frequentation of the Museums of the European Fine Arts: For well over a millennium the art and the painting of Europe were the artistic expression of a religious ideology, the Catholicism in the west, and Orthodoxy in the east. We forget a little too much to the west, this orthodox civilization, different although very close.
So, our successive beliefs inspire our European art, and particularly that of painting

In Europe, we must start from the beginnings of our civilization, still present in Europe, despite the efforts of the ideologues politicians and financiers of globalism to destroy it : around the year 1000, in the so-called obscure times, medieval, of the Catholic and Orthodox religion. It was then the birth of Europe, after the long dark period that followed the collapse of Greco-Roman antiquity. A period of more than 500 years in which the setbacks and painful gestations mingle.
According to a certain historiography intended for the general public, the years 1000 and following which see the true rebirth of Europe, was a time of dreadful time: the serfs beat the water of the moat of the castles to silence the frogs who Disturbed the sleep of the Lords. And the serfs of course delivered their daughters to the sexual appetites of the Lords. The French Republic has constantly taught this falsified history, from primary school to the Baccalaureate. With hardly a little more objectivity further in the studies.
In the years 1960-70, the historian Fernand Braudel (1902-1985), who thought he could tell a " genuine story", and who had the competence, was banned writing history at the level of Public Instruction: that intended for French children. He had to content himself with writing books for better-informed but less numerous minds. It was not ideologically conceivable that Fernand Braudel could form the spirit of the little Frenchmen in textbooks of primary or secondary education. He was, however, the greatest French historian of the first half of the 20th century.
There is obviously a big problem in this vision of the medieval past of European civilization as the republican school, inspired by the "Enlightenment", has imposed on us: It is that in the field of arts this was a wonderful time of creativity, free and sincere, emanating from all European society. Not just of his political or ideological elites. The artists of those times were craftsmen, tradesmen, men of the people, men little literate.
Since the French Revolution, in France and throughout Europe, two absolutely contradictory stories have existed, in parallel:
– A political and economic history which presents all the period before the revolution like dark times of calamities and royal, princely and ecclesiastical dictatorships on the peoples.
– A history of art which reports and describes in a globally objective way the remarkable artistic manifestations of all this same period. No one is astonished, at least publicly, at the incoherence of such a dichotomy between two totally divergent historiographies about the same society. All this wonderful, happy and sincere art would have been, for more than a thousand years, the creation of European peoples oppressed by Kings, Lords and the Church!
In architecture, sculpture, painting, first on frescoes and books, on stained glass windows north of the Alps, and very late on wood: the easel painting does not appear before the 14th century. In the field of painting alone, until after the Second World War, despite the evolutions and the ideological breaks, it is about a thousand years of beauty!
How can it be that times so obscure, so harmful to reason, to liberty, to justice to solidarity, to progress, have produced such marvelous arts during a millennium?
This arts are still experienced as beautiful, in our time, while the current Europeans, for the most part, do not really believe in the doctrines that inspired them.
As magnificent to our eyes as the Arts of Egypt, whose beliefs are absolutely dead in the minds of men.
While our contemporary times, so "Luminous", so magnificently progressive, so scientific, so technical, so democratic, so socialistic and so solidarity in the most productive capitalism, offer the spectacle of an official art as ugly, as absurd and also as anti-democratic?
This is a question that can be asked, questioning our current beliefs, and their ability to foster the creation of a memorable artistic life over the centuries.
The second half of the 20th century in the West can boast of having invented ugly art, absurd art, art against peoples. But how long can this imposture last and what does it mean about the state of our society?
It is certain that Europe for at least a thousand years (500-1500) is a time of ideological unity around the Christian faith as interpreted by Catholicism in the West and Orthodoxy in the East. This vision of the world has no real competitor, and it gradually shapes all European civilization. From the Romanesque period the European painting, which begins with the fresco and the mosaic, continues with the illuminations (the books of piety …), then the stained glass windows and finally later the easel paintings, have presented, for during 1000 years (500-1500 in big dates) obvious common features.
It is an art whose meaning is univocal, ideologically commissioned by the doctrine of the Catholic Church in the West, from the Orthodox Church in the East to Slavic Europe. His themes are exclusively controlled by the religion of Christ. During a thousand years, styles have changed, but not the content of European painting, always inspired by the same vision of the world. And the sincerity and creativity of this art persist from start to finish.
Was this univocal art the expression of a totalitarian ideology imposed on peoples against their will? Was this society of unique ideology totalitarian? Intellectually and spiritually totalitarian, and moreover materially miserable ?
It is certain that as soon as it was recognized by the Roman powers in the 4th century, Catholic Christianity, like the orthodox one, did everything to eliminate the concurrent religions. To start of course with Paganism, but also Mithraism. In the course of the first centuries of our era, Catholicism prevailed against a whole series of neighboring doctrinal orientations, described by him as heretics, like Arianism. To end up imposing its law, which will be more effectively challenged than with the reform.
But it also appears that from the year 1000, west of Europe, except for some later resistance in the south of France, the Catholic religious ideology was totally adopted, internalized, by the majority of men, from the base to the top of society. And this unique ideology was the spiritual source of a civilization that lasted more than 500 years, under its exclusive influence.A unique but unifying ideology, creative not only of remarkable art but also of significant economic and political development. The renaissance of Europe does not date from the "Modern Times" or the "Renaissance" at the end of the 15th century and the beginning of the 16th century. The true Renaissance, economic, political and cultural of Western Europe begins a little before the year 1000 and extends until the second part of the 14th century when the church is ideologically reigning, without sharing, throughout Western Europe.
Fernand Braudel recalled in all his works that the economic and artistic political development of Catholic Europe owes nothing to the "Arabs". Western Europe also did not wait for Protestantism, to develop the first forms of urban republics in politics, and in economics the first successful artisanal, commercial and banking capitalism, a source of wealth and well-being. This is reflected in Pisa, Florence, Venice, Genoa, Milan, Gent, Bruges, Ypres, Antwerp, Cologne, Lübeck, Augsburg, Barcelona ….
This perfectly autonomous economic and political development is a testimony of the health of the European civilization of the 11th, 12th, 13th centuries and again of the first half of the 14th century. Until the Great Plague.
And it is the same of all the European art of this period, by its beauty and the symbols significant and shared by a whole population that it expresses and disseminates. This art is an experimental proof of the global consensus, shared from top to bottom of the social ladder, which is the foundation of this society. A founding consensus of freedoms lived as such, freedoms that have made possible lasting aesthetic testimonies, able to survive even the obsolescence of the ideology that organized this society.
The same can be said about the situation of other civilizations of the past: Egyptian, Greek or Roman societies, when one considers their extraordinary artistic achievements.
For Egypt it is very recently that it was finally admitted that the Pyramids and other royal tombs or temples were not built by miserable slaves hungry and abused.
It must therefore be concluded that this religious ideology of Catholic Christianity in Western Europe has not been lived in terror or even as a constraint, except by a few populations living on the margins. The artists clearly felt free to create a beautiful art in this society qualified by later historians of the "Middle Ages". No, this age is not average. Artistically, it’s obvious. And not only in painting. If they had not lived with the feeling of being free the artists of the "Middle Ages " would not have been as creative of a sincere art that was wanted by the elites as a communication, a sharing with the people and which clearly succeeded in Gather around the religious ideology that inspired him, a whole civilization, elites and peoples together, for more than five hundred years.
All the art built, painted and carved, the stained-glas windows of the Romanesque and Gothic churches, all this is financed not only by the secular and religious aristocracies, but also by the guilds. It was not a separate art, incomprehensible to the popular masses and absolutely reserved for elites. It was a fully shared art, totally inter-social: it was addressed to all segments of the population. The ideological and political, religious and aristocratic elites of Catholic Europe have come together to promote an art that caters to all social classes. Throughout the Gothic and Romanesque period all the art of the churches, everywhere in Europe, from the smallest village to the largest cities, during a millennium, goes from the top of the social ladder and is addressed to the peoples, including and especially illiterates.
At the Renaissance only, appeared an art more specifically intended for cultured elites and whose themes were Antiquity. But without conflict with the religious art that has retained a great importance and its function of sharing the beautiful and the sense in the direction of peoples and elites.
The whole European and even universal history testifies that there are subtle correspondences between societies and their art. A beautiful and significant art, which is the delight of men of his time and all times, which provides the joy of being and living, reflects a society acceptable and accepted in his time. Historical counter-examples exist, but they are punctual and not sustainable, particularly in parts of Central Asia and India, under the leadership of foreign, invading and dominant tyrants who have effectively deported entire populations to build monuments to their glory. But this is not the case for the four successive centuries of medieval Europe. Besides, the totalitarian societies that Europe and the World have recently known, like the Communist and National Socialist ones, have been an absolute failure of art and particularly of painting.

Posted by jean louis mazieres on 2019-04-03 06:57:57

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